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Histoire

1973 – 1974, l’essor

Ces douze années-là sont celles qui, à mon sens, ont scellé les assises de l’AMO.
D’abord par le nombre d’adhérents qui, de 158 à la fin 1962, passe à 339 membres en 1968 puis à 391 en 1973.
Ensuite, parce que 1963 est une date charnière où des personnages-clés marqueront de leur empreinte leur passage aux responsabilités; outre le président ASTIC, sont nommés :
– secrétaire général : M. Antoine GAUTIER
– trésorier : M. Gabriel VANNERAUD.

Les finances « tombaient » en des mains expertes. Quant à A. GAUTIER, bien trop tôt disparu en juin 1973, il n’avait pas son pareil pour présenter des séries de diapositives agrémentées d’une musique toujours choisie ; ses « fondus enchaînés », comme il disait, ont enchanté des générations de mycologues débutants et aguerris, voire de simples amateurs.
C’est ainsi qu’en ce temps-là, où les saisons étaient « normales », où la voiture n’était pas encore démocratisée, bien des amateurs-casseroleurs prenaient plaisir à profiter des sorties organisées par l’AMO dans diverses forêts. Les plus anciens d’entre nous se souviennent des dimanches en forêt du Gâvre, notamment, où trois cars affrétés par l’AMO (les transports ALLAIRE de Machecoul) partaient du cœur de Nantes, à 7h 00 du matin, avec leurs passagers équipés de bottes, cirés, paniers et casse-croûtes, nombre d’entre eux munis en plus de manuels de mycologie. Il régnait une festive ambiance pendant les transports. C’était toutefois la corvée pour le trésorier qui devait aller encaisser la quote-part individuelle du coût du transport, l’AMO assumant l’autre part de la dépense.

J’ai le souvenir de cette joyeuse bande qui joignait l’utile à l’agréable en vivant ces sorties avec un enthousiasme qui se révélait jusque dans leurs casseroles. L’un de ces dimanches, l’équipe mettait à petit feu des récipients qui affichaient : homard à l’Armoricaine (par atavisme breton peut-être) et blanquette de veau aux… champignons, comme il se doit, le tout assorti de bouteilles en attente dans les fougères fraîches.
Qui n’a pas en mémoire ces tris des cueillettes – ils duraient près de deux heures – chez « la Mère SURGET », à la Maillardais, près du Gâvre, le long du mur de sa buvette ? Les odeurs de galettes et de cidre se mêlaient abondamment à celles des champignons !

Ce fut vers cette fin de période (ou peu après) que de nombreux jeunes talents intégrèrent les rangs de l’AMO : C. BEAUVAIS †, M. BENETEAU, C CHARBONNEAU †, M. DESLANDES, R. GLUARD, , R. HERVÉ, G. OUVRARD, R. SIMON, … plusieurs d’entre eux sont toujours parmi nous ; ils ont apporté leur dévouement inépuisable à la cause qui les passionne.
C’est également la période pendant laquelle nos réunions furent soumises à des déplacements successifs ; de la rue d’Alger, nous allâmes ici et là, selon les disponibilités de la Ville de Nantes qui nous octroyait des locaux, à titre gracieux. Nos activités s’étoffèrent et, grâce à C. BEAUVAIS qui travaillait à l’imprimerie de la Ville, les adhérents reçurent désormais les programmes des sorties et les comptes rendus de réunions.

L’exposition annuelle change aussi d’espace ; de l’Orangerie du Jardin des Plantes, devenue un peu exiguë, nous présentons notre salon annuel dans des locaux de l’ancien Champ de Mars (aujourd’hui disparu) puis, c’est l’avènement du Parc des Expositions de la Beaujoire. Dès la première année, en 1971, c’est un plébiscite ; par milliers, les visiteurs font la queue pour entrer dans notre salon qui devient une manifestation incontournable pour nombre de nantais. Nos inaugurations, sous la houlette du président ASTIC, se déroulent dans un faste jamais atteint jusqu’alors. On reçoit le Tout-Nantes portant costumes stricts et tenues militaires aux épaulettes chargées de barrettes. Les discours sont précédés d’un divertissement musical exécuté, tantôt par tel ou tel bagad, tantôt par les sonneurs en grande livrée de chasse de diverses confréries… Nous eûmes, à l’occasion, la venue des Reines de Nantes (reines de la mi-Carême) avec le Roi Carnaval. Il faut savoir que l’une des petites-filles de R. ASTIC fut l’une de ces reines.
Et que dire du vin d’honneur où des plateaux de canapés somptueusement préparés par les mains adroites de quelques épouses circulaient en s’offrant aux bouches gourmandes ; les vins du terroir ponctuaient ces soirées de belle convivialité.

L’AMO avait pris une autre dimension en s’installant dans une croisière pérenne. Alors survint ce mini séisme qui ébranla les superstructures du bâtiment, l’évènement qui fit chanceler notre groupement. Nous étions en décembre 1974 : le président fondateur envoie sa lettre de démission…

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